Qu’ils soient évoqués à travers leurs écrits ou qu’ils se déplacent à la rencontre de leurs lecteurs jusque dans les classes, les auteurs accompagnent étroitement l’année de travail Tatoulu. Cette large place laissée à la rencontre n’est pas anodine. Au-delà de la curiosité que peut susciter le travail d’un écrivain et de l’intérêt qu’il est légitime d’y porter, ces rencontres permettent de prendre conscience de l’aspect paradoxal du texte écrit, à la fois objet fini, produit de la pensée d’un individu, et espace à investir, qui ne prend sens que parce que des lecteurs s’en emparent.
La rencontre permet de confronter intentions de l’auteur d’une part et projections singulières d’autre part. Rencontrer l’auteur ne peut avoir pour objet d’élucider ses écrits, puisque le texte littéraire est avant tout le propos d’un locuteur absent. Les zones d’ombres font partie du texte au même titre que les propos qui y sont tenus explicitement. La rencontre avec l’auteur, hormis sa dimension d’incarnation, doit permettre de poursuivre le débat autour de l’œuvre.